Propos détournés : « Je tiens à réaffirmer mon soutien le plus total et ma fidélité la plus sincère à Nicolas Sarkozy »Après l'annonce de la décision de certaines personnalités ayant pourtant mis en œuvre les réformes de notre majorité, comme Martin Hirsch ou Fadela Amara, de soutenir François Hollande, j’ai tenu hier soir à affirmer une nouvelle fois mon soutien à Nicolas Sarkozy.
J'ai rappelé à cette occasion que, même si nous avions eu parfois des différences d’analyse lorsque j'étais sa secrétaire d’Etat à l'Ecologie, divergences publiques, il est le seul capable de porter le projet et les réformes dont la France a besoin dans les 5 ans à venir.
Mes propos sont depuis hier soir outrageusement détournés. Je tiens à réaffirmer mon soutien le plus total et ma fidélité la plus sincère à Nicolas Sarkozy.
SENAT A GAUCHEDepuis le mois d’octobre, le Sénat expérimente les idées des candidats de Gauche. Force est de constater que la réalité des votes est en contradiction avec l’intérêt des discours. Je ne veux pas agiter la critique récurrente sur le « mensonge » et le « populisme » des politiques qui ne conduit qu’au discrédit de notre fonction et la promotion des extrêmes. Il est plus pertinent de souligner les fondements « politiques » de nos oppositions.
Paradoxalement, ces fondements restent traditionnels. La Gauche privilégie l’action publique et la dépense publique, conservant son scepticisme sur la qualité des choix individuels et la bienveillance du secteur privé. Gardant une certaine méfiance face à l’autorité de l’Etat, elle mise toujours sur le contre-pouvoir des collectivités locales et des communautés. Quant à la droite, elle privilégie toujours la responsabilité individuelle et le secteur privé sur toute forme de pouvoir public et d’organisation collective. Ainsi réduisons nous toujours la place de l’Etat et de la dépense publique à ce que nous considérons comme des missions d’intérêt général. Je privilégie cette approche qui fait confiance à l’individu à l’idée – même a priori séduisante – d’une organisation publique experte qui déciderait à notre place.
Cette opposition a émaillé tous les discours. La Gauche nous a dépeint des médecins et des laboratoires uniquement motivés par l’argent dans le cadre des débats sur la loi renforçant la sécurité des médicaments. Ainsi, toute personne ayant effectué des recherches pour des entreprises pharmaceutiques ne pouvait être reconnue comme un expert indépendant. Elle a diabolisé les entreprises exploitant les salariés lors des débats visant à interdire le travail le dimanche. Ainsi aurait-il fallu supprimer les 250 000 emplois du dimanche et aucune discussion ne fut possible sur le déclin de Paris face à Londres ou Barcelone, déclin en partie lié au refus d’ouvrir les grands magasins le dimanche. Elle a privilégié les organisations syndicales sur les usagers des aéroports refusant de discuter la loi encadrant le droit de grève dans les transports aériens. Ainsi, ont-ils déclaré les perturbations dans les aéroports étaient liés à la météo, non aux grèves… Elle a voté 30 milliards d’impôts et de taxes supplémentaires, refusant toute norme obligeant la réduction des déficits et des dépenses publics, refusant tout engagement des collectivités locales de réduire leurs recrutements.
La Droite a longtemps adhéré à cette vision de la Gauche plaçant son opposition sur le seul terrain des questions de société. Nous avons habitué nos électeurs à apporter des solutions aux problèmes économiques et sociaux sous le seul angle de la dépense publique. Cette financiarisation ou « budgétisation » du débat n’a pas été propice aux grandes idées ni à Gauche, ni à Droite. Espérons que la fin des illusions soit le retour de la raison et du débat de fond…… Espérons, espérons……
Esthétique, question de sociétéLa mission d’information que je préside au Sénat s’intéresse à l’ensemble des dispositifs médicaux implantables – essentiellement les prothèses – mais également aux interventions esthétiques.
Un double débat se déroule.
Un débat sur l’équilibre entre les innovations technologiques nécessaires aux progrès médicaux et les risques acceptables. Jusqu’où encadrer ces innovations, au point d’exclure de petites entreprises qui ne pourraient pas assumer les charges des essais cliniques ou autres procédures ?
Deuxième débat : la question esthétique, dans la mesure où elle n’est pas nécessité par un besoin thérapeutique, doit elle relever de la seule responsabilité individuelle et du principe lié de la liberté du commerce ?
Impossible de répondre à ces questions, pour le législateur, sans s’interroger sur l’enjeu de société. La quête esthétique est l’exigence d’une norme sociale qui évalue les femmes en fonction de leur apparence. Le diktat de l’apparence que j’ai mis en évidence dans mon rapport sur l’hypersexualisation, se traduit en grande partie par ce recours accru à des interventions esthétiques.
Phénomène de masse induit par la pression sociale, l’esthétique devient un problème de la collectivité. J’ai entendu beaucoup de mépris et de critiques sur les femmes qui recourent à ces interventions esthétiques, et pourtant les hommes ne seraient ils pas les premiers à nous juger sur ces critères ?
L'écologie reviendra
A la suite du débat avec Yannick Jadot, ex patron de Greenpeace France et porte parole d’Eva Joly, je ne peux que constater avec regret combien l’écologie est l’ombre de cette campagne présidentielle.
Nicolas Sarkozy a fait son devoir ; il ne m’a jamais trahi. Certes, la majorité a été réticente face à certains sujets tels que les éoliennes ou l’agriculture. Mais je ne saurais jeter l’opprobre sur l’homme qui aura le plus fait progresser notre pays sur le chemin de l’écologie.
Il est regrettable que le débat sur l’écologie soit retombé dans l’impasse de sa réduction aux Verts et au rejet du nucléaire. Débat pathétique et cynique ; débat pathétique car l’opposition au nucléaire est une opposition de principe sans fondements écologiques. La lutte contre les changements climatiques passe par le développement des énergies décarbonées dont le nucléaire fait partie comme les énergies renouvelables. Débat cynique car le troc se résume à des réacteurs contre des circonscriptions. Il ne faut pas être de gauche pour incarner l’écologie. Il faut avoir une nouvelle vision de la société.
Il est regrettable que nous ayons échoué à expliquer que l’écologie est une réponse structurelle à cette crise structurelle. L’écologie n’est pas un luxe de croissance mais la condition de sa réalisation. Le politique n’est que le reflet de la société mais il se doit de lui ouvrir de nouveaux horizons.
Nous poursuivrons les objectifs du Grenelle de l’environnement car nous ne pouvons pas renoncer à cet engagement pris pour 2020. Nous mettrons en place de nouveaux indicateurs de développement car notre modèle est dans une impasse. Et nous devrons créer une nouvelle démocratie qui donne plus de place à la concertation et à la société civile, loin de la logique des duels et du vocabulaire guerrier des campagnes politiques.
PARENTHESERencontre imprévue avec Eric Emmanuel Schmitt, une grande émotion au point d’avoir cette larme qui vous déborde face aux plus belles œuvres de votre vie. Presque incompréhensible.
Une rencontre étonnante entre la représentante d’un monde de rationalité où l’émotion est une souffrance, un monde de combattivité où l’empathie est une faiblesse ; et le représentant d’un monde de l’émotion où la souffrance est un talent, où l’empathie est un don.
J’aime l’écriture au point de penser les plumes comme des personnages irréels. Je n’arrivais pas à croire qu’il puisse exister là dans cette gare de Strasbourg avec sa lourde valise, son manteau encombrant et son sac débordant.
Il faut avoir douté avec Ponce Pilate. Il faut avoir souffert pour Hitler dans La part de l’autre. Il faut avoir rit avec Oscar. Il faut avoir expérimenté le mysticisme de la femme aux miroirs pour comprendre l’émotion incarnée par la rencontre d’Eric Emmanuel Schmitt. Seule la vie et l’écriture permettent d’aller dans les marais de nos sentiments, de nos doutes et de nos réflexions. Il écrit là où le conduit sa plume sans y introduire la volonté d’une démonstration, avec le génie d’une inexplicable intuition. N’est ce pas une belle leçon de politique ?
HYPERSEXUALISATIONMon étude de l'hypersexualisation des enfants montre, fort heureusement, que la France n'est pas encore confrontée à ce raz de marée. Et pourtant, la vague qui touche le Canada, les Etats Unis ou encore le Royaume Uni ne nous évitera pas.
Toute notre société reprend les codes de l'hypersexualisation, et notamment de la pornographie dont elle affiche les symboles sur nos murs, nos écrans et nos journaux. Dès le plus jeune âge, les stéréotypes ringards des filles factices et des garçons puissants réapparaissent. Avant la puberté, la publicité assomme nos enfants de messages pour leur expliquer qu'ils sont "pré adolescents" et que leur "avance" légitime leur volonté de se comporter comme des adolescents.
Rien n'est anodin. Les psychologues sont inquiets pour nos enfants dont la volonté de séduction est contraire à la bonne construction de leur identité et de leur intelligence. Anorexie mentale, conduites à risque, naufrage de l'intrusion trop précoce de la sexualité, inciter nos enfants à se transformer en mini adultes n'a rien d'un jeu lorsque cela devient la norme. Une norme qui banalise ensuite à l'adolescence la pornographie. Aucune société n'a progressé dans l'infraction des âges.
Il est possible d'agir car nous ne sommes pas encore dans l'urgence. Nous pouvons informer les parents des risques de l'hypersexualisation pour qu'ils sachent dire "non" à leurs enfants. Nous pouvons inciter les enfants à porter un regard critique sur l'image et la consommation afin de créer une contre culture. Nous pouvons dire non à l'exploitation des images hypersexualisées des enfants : non à l'esprit des concours de mini Miss, non aux enfants égéries de marque. N'ayons pas peur de dire non aux puissants messages du marketing. Nous pouvons responsabiliser les médias comme les entreprises en leur demandant de rendre des comptes publics directement devant les parents. Nous pouvons établir une "charte de l'enfant" pour accompagner le juge comme nous avons une charte de l'environnement. Pas d'affichage budgétaire, pas de logorrhée administrative, simplement un peu de bon sens et de confiance dans les parents.
L'enjeu du combat contre l'hypersexualisation est un enjeu individuel pour les parents, et un enjeu collectif pour une société qui ne veut pas voir l'égalité s'effondrer chez les générations futures.
POLITIQUE REGIONALE 18/02/2012Au titre de mon mandat de Conseillère régionale d’Ile de France, je souhaite porter à votre connaissance quelques points marquants de la politique régionale.
Notre groupe de la Majorité Présidentielle, conduit par Valérie Pécresse, n’a eu de cesse de dénoncer la politique budgétaire de la Région qui ignore le contexte de crise et se refuse à s’engager sur un nouveau modèle de croissance.
Sur les aspects budgétaires, emprunts et dépenses de conforts caractérise les choix de la Région.
L’emprunt contracté par la Région atteint dans le budget 2012, 856 millions d’euros, soit 11 fois plus qu’en 2002 et autant que le budget régional.
Cet emprunt pourrait être justifié si les recettes étaient contraintes. Il n’en est rien, celles ci sont en hausse de 5,1 %.
Cet emprunt pourrait être justifié s’il finançait une politique d’investissement qui permettrait à terme de le rembourser. Il n’en est rien, la part des investissements ne cesse de baisser, tout particulièrement dans les secteurs d’avenir prioritaires tels que la formation professionnel et l’apprentissage (-21 %) ou encore les lycées (-11%). Cette forte baisse des investissements s’explique en réalité par un investissement de confort.
Nous ne cessons de dénoncer une politique scandaleuse par ses contradictions : la Gauche se réclame de la vertu, et ne cesse de privilégier des dépenses somptuaires.
Le Président de la Région vient de décider l’achat de l’ancienne préfecture de Région au cœur du 7ème arrondissement, pour un montant total de 19 millions d’euros afin d’y loger 50 collaborateurs du Président de Région et les vice-présidents. Cet investissement de confort explique la baisse des investissements stratégiques.
L’Etat pendant ce temps vend 5 hôtels particuliers dans le 7ème arrondissement pour s’installer dans les arrondissements périphériques de Paris dans l’esprit du Grand Paris.
J’aurais également pu mentionner la multiplication par deux du coût des vœux du Président de Région.
Nous avons enfin dénoncé la politique de transport intenable à terme.
La majorité de Gauche a décidé de mettre en place en 2013 un Pass Navigo à tarif unique aligné sur les prix de la zone 1 et 2. Ce Pass Navigo est la conséquence de l’accord entre les Verts et les Socialistes à la Région.
Le coût est estimé à 550 millions d’euros par an, soit le coût de rénovation de toute une ligne RER. En d’autres termes par cette politique, les Parisiennes et Parisiens sont condamnés à voir leurs transports en commun vétustes et dégradés.
Et nous ne doutons pas que la Région devra à nouveau augmenter ses tarifs, ils ont été augmentés de 11,5 % depuis juin 2010.
Je souhaitais porter à votre connaissance ces informations éclairantes quant à la volonté de la Gauche de conserver son pouvoir et ses avantages au prix de l’avenir de nos enfants. Quels que soient les sujets, la vision de court terme l’emporte sur le long terme ; la facilité l’emporte sur le courage.
Priorité à la lutte contre le chômage de longue durée : prévenir la relégation sociale. 02/02/2012Prenons conscience de la tragédie du chômage de longue durée, ce lent et silencieux glissement du chômage vers le chômage de longue durée puis vers l’exclusion.
Je vous invite tous à relire le livre de Dominique Schnapper sur la relégation sociale générée par le chômage de longue durée : perte de qualification, perte de repères sociaux, des cercles de convivialité, difficultés familiales, voire troubles psychologiques. Le chômage de longue durée est une épreuve individuelle.
Le dernier rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi de décembre 2011, sous la présidence de mon amie Marie Claire Carrère Gée, sur le chômage de longue durée ne fait, malheureusement, que confirmer ces évidences.
La France a fait le choix du chômage depuis 30 ans. Avec un chômage structurel élevé, qu’aucun Gouvernement n’a fait baisser, notre pays a accepté son corolaire, le chômage de longue durée. Le taux de chômage de la France n’a jamais décroché de la moyenne européenne, une moyenne élevée depuis 30 ans. 40 % des chômeurs sont classés « de longue durée ». Une proportion stable depuis des années.
Les mesures sont connues : une formation orientée vers des filières professionalisantes mais permettant aussi l’acquisition de compétences transversales pour faciliter les mobilités professionnelles, la formation professionnelle continue des salariés pour s’adapter rapidement aux évolutions de notre monde, un grand plan de lutte contre l’illétrisme, l’incitation au chômage partiel, la réforme des allocations chômage.
Le Gouvernement a engagé les réformes de la professionnalisation de la formation initiale, de la facilitation du chômage partiel, ou encore du RSA pour privilégier le travail sur l’inactivité. Le Président de la République vient d’annoncer de grands chantiers – et je regrette que la presse ne s’en fasse pas l’écho - sur l’obligation de proposer des formations aux chômeurs de plus de deux ans, sur une profonde réforme de la formation professionnelle continue. Il est évident que nous devons réformer notre système d’allocations chômage.
Il nous reste aussi à approfondir l’identification des compétences transversales à acquérir et un vrai plan de lutte contre l’illétrisme.
Briser le silence du chômage de longue durée, y compris par des mesures obligatoires d’activité pendant la période de chômage, répond à la priorité que nous donnons au travail.
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Sénatrice de Paris
- Ministre des Sports de novembre 2010 à septembre 2011
- Secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie de janvier 2009 à novembre 2010
- 13 titres de championne de France de karaté et 12 coupes de France
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